
PLANETARIUM

De l'anglaise à ce jour je n'ai cessé d'écrire
Pour peut-être remplir sa décomposition,
Combler une impuissance en la croyant me lire
Au-dessus de l'épaule et librement sourire
Comme si mon devoir était dans le Pardon.
Aujourd'hui je me sens résidant de la plage
Où j'embrassais sa main déjà divinement,
Habitant de l'époque où nous savions que l'age
Croisait celui de vivre, et que dans son bagage
Parmi nos coeurs la mort aurait un vrai printemps.
Ceux qui prendront le temps apprécieront j'espère
Plutôt que quelques vers cette femme à l'abris
Et comprendront alors qu'un poète n'est guère
Qu'un humain désarmé, qu'un humain dans la guerre,
Qu'un humain sur lequel il ne plane de prix.
Plus près de jour en jour de sa grande existence,
De sa lumière aqueuse et diaphane, va,
Volante, infatigable, une plume de science,
Sous les bruits d'un secret n'ayant plus la patience
Que j'en perds, résigné, soixante et un combats.
Rien ne finit très bien ! Quelle est la chose aquise
Excepté le désir ? Ah ! Faiblesses aimables !
Je ne suis pas censé avoir la lèvre exquise,
Je voudrai témoigner; simplement sur la frise
Voir apparaître un peu du sang de tous les diables.
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