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Vendredi 3 février 2006

Nous rappelerons-nous

Aux souvenirs splendides

Des caresses arides

D'un vent devenu fou,

 

Assez pour retrouver

Ces secondes lointaines

Où nous tenions les rennes

Du temps et des succès,

 

Assez pour emporter

Notre amour jusqu'aux roses

Dont seuls les coeurs proposent

Les plus charmants bouquets.  

par ghislain hammer publié dans : Les faiblesses aimables
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Vendredi 3 février 2006

          Fondé le 04 décembre 2004 par deux poètes parisiens, Nicolas Cormier et Ghislain Hammer, l'écritoire a pour objectif l'écriture spontanée mais aussi l'échange d'idées, de pensées, de sentiments.

 

          Nouveaux acteurs des salons parisiens libres, leur oeuvre poétique dans sa grande majorité classique interpèle volontier celui qui s'y attarde par la diversité, la profondeur, et la simplicité que leurs textes proposent.

GHISLAIN HAMMER 

     

     "L'Ecritoire, imprévisible, accélère,

          Développe l'imagination tel

          Que le souffle du temps et partenaire

                S'en retrouve changé en de la viande chère.

          

           Chaque instant en est un feu paternel  

          Différent, toujours plus beau, sa lumière

           Toujours plus forte; des vers sous un ciel

                toujours neuf y viennent avec ou sans manière" 

            

                                                     Ghislain Hammer

 

 

 

NICOLAS CORMIER    

par ghislain hammer publié dans : L'écritoire : La nouvelle poésie française
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Vendredi 3 février 2006

Fallait-il que l'on s'aime pour

Ne plus se voir ? Fallait-il peut-

Être rester de bons amis ?

Fallait-il que l'on s'aime un jour ?

Fallait-il tomber amoureux ?

Fallait-il connaître Paris ?

 

Hier c'était l'amour, aujourd'hui

C'est triste mais que voulez-vous

Je prends l'autoroute de nuit

Et quelques pleurs sur les genoux.

 

Je vois dans le rétroviseur

Un siège bébé silencieux

Il ya deux petites heures

Que je suis parti de banlieue.

 

Et je me souviens en roulant

De la seconde où je t'ai prit

La main pour la poser devant

L'aveuglant soleil de midi.

 

Fallait-il que l'on s'aime pour

Ne plus se voir ? Fallai-til peut-

Être rester de bons amis ?

Fallait-il que l'on s'aime un jour ?

Fallait-il tomber amoureux ?

Fallait-il connaître Paris ?

 

Hier c'était l'amour mais depuis

L'hiver s'est abattu complet

Je prends l'autoroute de nuit

Un annuaire à mes côtés.

 

J'appuie sur l'accélérateur

Direction le pont de Millau

Retrouver un peu de chaleur

Dans le sud auprès d'autres eaux.

 

Et je me souviens en roulant

De la seconde où je t'ai dit

J'aimerai qu'on fasse un enfant

Dans un grand hôtel, ma chérie.

 

 Fallait-il que l'on s'aime pour

Ne plus se voir ? Fallait-il peut-

Être rester de bons amis ?

Fallait-il que l'on s'aime un jour ?

Fallait-il tomber amoureux ?

Fallait-il connaître Paris ? 

 

 

par ghislain hammer publié dans : Chansons : extraits
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Vendredi 3 février 2006

Quand nous vivions ensemble

Avenue Trafalgar

J'aurais dû il me semble

Démonter les miroirs

Qu'un par un j'ai brisé

Le jour de ton départ

J'aurais dû préserver

Juste un seul pour ce soir 

Où je repense à toi

A la terrible annonce

Que je n'attendais pas

Enfin, dans l'immédiat

Qui disait "je renonce

T'étais quand mêm' sympa ! 

 

J'aurais dû faire en sorte

Acheter hard discount

La vaisselle et la porte

Et rentrer dans mes comptes

Le jour de ton départ

Un vas' made in China

Un mobilier routard

Du géant suédois

J'aurais dû prévenir

T'embrasser chez Mac Do

Un ciné pourr finir

L'amour et puis dodo

Faire un plateau-télé

Un pipi au clébard

Voir l'actualité

Faire l'amour et plumard.

 

J'aurais dû faire en sorte

Des bijoux de chez Clair's

Des habits que l'on porte

Uniquement l'hiver

J'aurais dû trouver pour

Le jour de ton départ

Un' sortie de secours

Des paquets de mouchoirs

J'aurais dû prévenir

M'habituer un peu

Aux sanglots à venir

A la maison de Dieu

En fait j'naurais pas dû

Te présenter à lui

Mais jamais j'naurais crû

Que mon meilleur ami !...

J'aurais dû faire en sorte

De ne rien regretter. 

par ghislain hammer publié dans : Chansons : extraits
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Vendredi 3 février 2006

Je soupçonne en te voyant

D'une espiègle étrangeté

Quelque chose à me confier

      De très important.

 

Là tes superbes Zéphirs

Me font craindre plus qu'assez...

Et d'eux même t'avouerai

      Ne savent mentir.

 

Et l'écharpe de tabac

En ton beau manteau froissé

Force à reconsidérer

      L'homme d'autrefois.

 

-Ce sont âmes fraternelles !

Séparons-nous sans méfait;

Au demeurant restons des

      Amants infidèles.

par ghislain hammer publié dans : Les faiblesses aimables
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Vendredi 3 février 2006

La lave dégouline

Tout le long de mes os

Et comme à ces carreaux

Une douce pluie fine.

 

ça-haut vient et lamine

Mes deux joues de ses crocs

N'ayant point de préau

Pour me couvrir la mine.

 

C'est un grognard autant

Qu'un ignoble ouragan

Que ma triste tristesse.

 

Au même titre il pleut

Sur les toits sans faiblesse

Et ça fait toc ! en leiux.  

par ghislain hammer publié dans : Les faiblesses aimables
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Vendredi 3 février 2006

Il ne désirait plus jamais qu'on ne le sonne,

Son seul ami pour lui le chatouillait au cou,

Son coeur suivait ses pieds, ses pieds suivaient ces pouls

Qui promenaient leurs sous sur la grande couronne.

 

Un revolver, Messieurs, plutôt qu'une ou deux pièces

Espérait-il enfin en son large chapeau.

Ce désir le rendait parfois grand, fort et beau,

Quand un monde cruel passait devant ses tresses.

 

Je me souviens du banc sur lequel sa parole

Passionnait nos longs soirs, nous remplissant de lait.

Tous étaient bien rentrés les enfants de l'école   

Que sa bouche s'ouvrait sur diverses cahiers.

 

Qui pourrait oublier l'instructeur de passage ?...

Et ses haillons dorés qui pleuraient dans le vent,

Pénétrait son bureau de carton survivant

D'un camion déchargant les foudres de l'orage.

 

Souvent il nous revient, nous dépose son âme,

Et repars aussitôt vers son trophée glorieux.

Ne nous a-t-il point dit que les gens sont peureux

Quand ils touchent du doigt la chaleur de la flamme ?

 

Ne nous a-t-il point dit qu'aussi meurent les riches ?

Que les pauvres sont rois de la reine des jours ?

Que certains comprennent, et que d'autres s'en fichent,

Que parmi eux beaucoup n'ont pas connu l'amour !

 

Mais nous ignorions tous qu'il fut un dramaturge

Au génie que l'on sait maintenant qu'il est mort 

De trois coups de l'hiver dans les lambeaux du corps

Sous le fard de l'argent dont son oeuvre s'insurge.

 

Il témoigne des nuits de sa saison mortelle,

Décrivant des mendiants leur combat quotidien,

Comme il manque à Paris bien des ponts pour chacun,

Et le pain rejetté par chacune poubelle.  

 

Tel un tableau de Maître en proie à l'incendie

Il raconte avec art la souffrance des rues,

La valeur de leurs gens, l'impossible survie,

Et ces lits de soleils qui se moquent des crues.

 

Maintenant les bourgeois et les aristocrates

S'arrachent les tickets qui propulsent en bas,

Emportant avec eux leur meilleur apparât,

Servir leurs relations par des habits qui flâtent.

par ghislain hammer publié dans : Les faiblesses aimables
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Mardi 31 janvier 2006

Je combattrai à vie le feu de l'oppresseur !

Crois-en ma volonté qui n'en fut jamais lâche;

Je sortirai du dos ma plus glorieuse hâche,

Celle-là même qui fit tomber plus d'un coeur.

 

J'irai trancher le cou du terrible empereur,

Je montrerai sa tête au peuple qui la crache,

Puis lui la lancerai pour que toujours il sache

Qu'elle n'a pas été plus grande que les leurs.

 

Je te promets du sang enfui de mercenaires

Qui rougira les eaux de nos vertes rivières

Pour atteindre la Rome et le seuil du palais.

 

Et quand ce jour viendra où je l'aurai en face,

Quand il saura sa fin, avant de le tuer,

Je voudrai tant qu'il voit sa tendre populace.

 

par ghislain hammer publié dans : Les faiblesses aimables
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Mardi 31 janvier 2006

Des nuits sur le balcon

A l'attendre en fumant,

A regarder la rue

Avec des yeux mourants

Poignardés par la vue

Pleine de désertion.

 

Des nuits à retenir

Mon souffle parisien,

A tenir la rambarde

Tremblante sous mes mains,

Et mon coeur qui s'attarde

Penché sur l'avenir.

 

Des nuits à vivre avec

L'espoir Mobilisant 

Les étoiles clignantes

Et l'astre du croissant

Trempant quelques passantes

Dessous mes yeux à sec.

 

Des nuits - Noctamplolis !

A la croire en chemin

Vers cet immeuble au large

Des côtes du destin,

Sur la mer qui rend barge

Son amoureux de fils.

par ghislain hammer publié dans : Les faiblesses aimables
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Mardi 31 janvier 2006

Vers l'horizon démaquillé,

Déshabillé de son bleu châle,

Part une voile ombilicale

Sortie du chenal bayonnais.

 

Désintéressant mon regard,

Le "rocher de la Vierge" brille

Car n'éclairant hélas la fille

Embarquée sur le ventre noir.

 

Je la devine encor... toujours....

Debout sur l'Atalaye, triste

Qu'un tel soudain départ existe

Au centre même de l'amour.

 

Le ciel pleure infiniment,

Grondant, crachant quelques veilleuses,

Et toutes mes larmes peureuses

Rejoignent en Choeur l'océan.

 

A présent, je ne la vois plus

Malgré le pont d'éclairs chroniques;

J'ai beau croire en des Amériques

Nouveaux, Sarah-Fish a vécu !

  

par ghislain hammer publié dans : Les faiblesses aimables
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