Il ne désirait plus jamais qu'on ne le sonne,
Son seul ami pour lui le chatouillait au cou,
Son coeur suivait ses pieds, ses pieds suivaient ces pouls
Qui promenaient leurs sous sur la grande couronne.

Un revolver, Messieurs, plutôt qu'une ou deux pièces
Espérait-il enfin en son large chapeau.
Ce désir le rendait parfois grand, fort et beau,
Quand un monde cruel passait devant ses tresses.
Je me souviens du banc sur lequel sa parole
Passionnait nos longs soirs, nous remplissant de lait.
Tous étaient bien rentrés les enfants de l'école
Que sa bouche s'ouvrait sur diverses cahiers.
Qui pourrait oublier l'instructeur de passage ?...
Et ses haillons dorés qui pleuraient dans le vent,
Pénétrait son bureau de carton survivant
D'un camion déchargant les foudres de l'orage.
Souvent il nous revient, nous dépose son âme,
Et repars aussitôt vers son trophée glorieux.
Ne nous a-t-il point dit que les gens sont peureux
Quand ils touchent du doigt la chaleur de la flamme ?
Ne nous a-t-il point dit qu'aussi meurent les riches ?
Que les pauvres sont rois de la reine des jours ?
Que certains comprennent, et que d'autres s'en fichent,
Que parmi eux beaucoup n'ont pas connu l'amour !
Mais nous ignorions tous qu'il fut un dramaturge
Au génie que l'on sait maintenant qu'il est mort
De trois coups de l'hiver dans les lambeaux du corps
Sous le fard de l'argent dont son oeuvre s'insurge.
Il témoigne des nuits de sa saison mortelle,
Décrivant des mendiants leur combat quotidien,
Comme il manque à Paris bien des ponts pour chacun,
Et le pain rejetté par chacune poubelle.
Tel un tableau de Maître en proie à l'incendie
Il raconte avec art la souffrance des rues,
La valeur de leurs gens, l'impossible survie,
Et ces lits de soleils qui se moquent des crues.
Maintenant les bourgeois et les aristocrates
S'arrachent les tickets qui propulsent en bas,
Emportant avec eux leur meilleur apparât,
Servir leurs relations par des habits qui flâtent.
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