
Elle donnait toujours cette apparence,
Cette même clarté,
A la fois comme une enfant de faïence
Et à la fois si sûre, et par l'été
L'on ne voyait plus qu'elle
A l'abri d'une ombrelle.
Tant de demandes, tant de convoitises,
Tant de rôdeurs autour
D'un même coeur; mais de ces nombres bises
A désirer l'unique et même amour,
Aucun d'eux, sacrément,
Ne virent ses vingt ans.
Bien de ceux-là eurent grande tristesse
A la réponse Non !
Certains cherchèrent une autre maîtresse
Pour pimenter les soirées d'abandon,
Certains se consolèrent
En lisant des prières;
Certains encor convaicu de l'affaire
Continuèrent à
S'accorder un espoir d'un jour lui plaire
Quand d'autres désemparés à l'éclat
Cherchèrent de l'enfer
Un soyeux revolver.
C'est dire qu'elle avait de quoi nous rendre
Follement désireux !
Point de mari ni fiancé prétendre,
Des attributs aveuglants, contagieux,
La jeunesse fragile
Et l'argent de la ville.
Ainsi était-elle, l'Epithalème,
Envoûtante d'effet,
Porteuse d'une eau forte et d'un broc même
A provoquer la soif de médaillés.
Ah c'était si frustrant
De l'approcher souvent !
Que c'était douloureux - comme un supplice,
De pouvoir l'admirer
Tant sous l'herbe du ciel, un vrai délice,
Ce bleu des îles nous illuminait,
Quand on ne voyait qu'elle
A l'abri d'une ombrelle.
Un soir disgrâcieux, chargé d'un orage,
L'un de ces désireux
N'ayant point supporter pareil outrage
Crût délicieux de foudroyer ses yeux,
Et dans un autre état
Au lit l'assassina.
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