"Lisez son âme,
La ci-, la cité d'or,
L'épithalame
Grand écrit sur sa mort;
Voyez sa ville
Encore en mouvement,
Perdue sur l'ile
Aux pal-, aux palmiers blancs"
ajouter un commentaire commentaires (2) recommander

PLANETARIUM
"Lisez son âme,
La ci-, la cité d'or,
L'épithalame
Grand écrit sur sa mort;
Voyez sa ville
Encore en mouvement,
Perdue sur l'ile
Aux pal-, aux palmiers blancs"

M'aimez-vous tant
Que l'on le laisse
D'imploitesse
Dire au fol vent ?
Ils crient longtemps
Les mots en laisse
Dans la tendresse
Des lieux courants.
Les trottoirs causent
Trainant nos roses
Sous chaque pas,
Et cette fièvre
Mauvaise ou pas
Sur chaque lèvre...

Larges, dans l'air marin que frotte un mat, gouvernent
Des ailes, dessinant l'Azur d'un coeur de plumes
Où j'y bois, chanteur, comme au chahut des tavernes
Un alcool authentique aux excréments d'agrumes,
Où j'y scrute un sourire infiniment tiré
Qui transperce l'envol et sublime le Noir,
Où souvent il me tombe un colorié baiser,
Un nouveau-né, un vieil instant, un cri, de l'Art !
Les églises du vent cinglent dans mes oreilles !
Les airains des clochers excitent l'océan !
Montant vibrer l'ozone et touchant les merveilles,
Rompant la bande ailée et ce coeur bleu et blanc !
Ces oisaux blancs ! Ce coeur ! Et ce mat !... Disparus !
Disparus ! Sous des voix ! Sur d'impuissantes barges
En-allées ! Où sont-ils ?...Des nuages mauvais
S'approchent gravement dedans de l'air marin, larges...

Ton cheveu raide et long court dans mon souvenir
Claquant comme un sabot sur le pavé des villes,
La rue n'est jamais vide et n'a d'ombres futiles,
Mon pas n'est seul non plus à croire en l'avenir.
Ton coeur en scelle affronte élégamment le fer
Sablonneux de l'absence, et sur le mien déverse
Dans un tonnerre énorme une bouillante averse
De vie, dont sa chaleur ne connait point d'hiver.
Ton marbre s'est fermé, m'ouvrant un écho bleu,
Et me langeant le corps redevenu fragile;
Ton départ vers l'adieu n'eu de marche inutile
Que je comprends parfois ceux qui regardent Dieu.
Au galop, la furie des ivresses royales
Poursuit son oeuvre en moi; ces jours qu'elle traverse
Construiront des châteaux sans pont-levis ni herse
Que pourront pénétrer cavalcades d'étoiles.

Ravages ravissants !
Ô tremblement de coeur !
Votre beauté me brise
A chacune pensée
Et ma vie renversée
Par vos éclats nombreux
Ne connait plus d'ardeur
Que celle du bonheur !
Parfums déboussolants !
Quelle lourde attraction !
Votre terre m'enlise
En mes rêves malades.
Pareils à deux cascades
Chutant dans mon sommeil
Vos yeux plein de passion
Hantent mes pulsations.
Ô tremblement de coeur !
Que me reste sans vous
Des couleurs de l'envie
Et de votre abordage
Un jour d'été sauvage ?
Le souvenir houleux
Insupportable et doux
D'un paysage fou !
Combien de temps encor
A vous voir et revoir
Dans une écume noire ?
- Un serpent sur la grève !
Ô mer qu'on me relève
De ce sable hystérique
Et qu'enfin dans un soir
Je vous me fasse part...
![]()
Contemplant le dormeur sous sa couette masseuse,
Je nous revois dessus l'herbe fraîche des nuits
Où nous laissions la lune abordait notre lit
Et couvrir notre chair d'une main délicieuse.
Il dort dans le couchant, la respiration forte,
Où s'anime avec elle un flot de rêves lourds,
Rêves que nous tenions à chaque instant du jour
Et dont subsiste encore une poignée de porte.
Ses jambes ont vaincus le bleu de la gardienne
Et bougent lentement pour terminer en croix,
Egalement à nous, mais semblable je crois
A nombres d'autres yeux passés à l'Ourse reine.
Attendant son réveil, je pense à vous, et plie
Nos draps marmoréens tachés de pleins pouvoirs
D'où naissaient des idées et mourraient des savoirs
Et d'où s'était levé un froissement de vie.

Quatorze ans que déjà tout fut d'un noir nouveau,
Un noir omnîprésent planté d'étoiles roses
Qui m'éventre malgré ton visage de dos
Pour étendre à mon coeur des vagues d'ecchymoses.
Ta blancheur d'aujourd'hui ondule intensément
Comme la mer d'hier sur mes joues rocailleuses;
Le regard des adieux s'est brisé violemment
Que j'en sais maintenant des folies amoureuses.
Tes yeux pourtant clos fascineront sans fin
D'illuminations les époques prochaines;
Et des plages dorées aux cheminées des liens
S'ouvriront d'un tel bleu que les cieux se souviennent.
Rouges, dans le ciment, nos doigts s'embriqueront
Où viendra s'y asseoir la colombe eudémique
Des bonheurs aériens dont nous eûmes l'union
D'une noce au Paris sur le sable atlantique.
A Sarah Macnocham


La Belle
Au nom
Fripon
Est-elle
Sans aile
Disons
Au fond
Pucelle ?
Ou bien
Un brin
Peureuse ?
Ou pis
Heureuse
Ainsi ?

Un goéland jaune et vénitien vole,
L'air majestueux,
Les ailes larges, la liberté folle,
Les yeux en corolle,
Sur le chemin bleu.
Du soleil le sud au nord à la neige,
Que de rayons forts !
Que de mousses d'or à mon écorce ! Ai-je
Au coeur le manège
Des fêtes du corps ?
Le fond du ciel à l'âme légère
- Qu'au doux vent je vis !
Le vent désirable auquel vient plaire,
planante, la chère
Vibration du père.

Sur le ventre du lac repose Anna-Paula,
Toute de lumière au soir d'une guitare;
Tu éprouves l'envie de cette terre boire
Et moi de tremper mes pointes dans celle-là.
Tu me réapparais parmi d'autres éclats
Qui reposent pareils dessous la tente noire;
Aurais-tu don chuté de l'Azur comme Icare
D'une cire d'été, qu'ici je te revois ?
Que de soirs j'ai gratté mes six piteuses cordes
A estimer heureux ces instants qui me bordent !
O belle sentinelle endormie sous la paix !
Statuette Dogon, immobile je lève
Mes mains d'évoquateurs, que remonte la sève,
Me souvenant d'alors où nous rêvions assez.
| Juillet 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
commentaires